CPI :  Me Altit met la pression sur les juges pour une remise en liberté “sans condition” de Gbagbo

Dans sa visée, Me Altit ne veut pas que son client, dirigeant politique, soit contraint encore par les procédures judiciaires à louper les échéances électorales de 2020 à venir.

On s’y attendait plus depuis le dépôt par le Bureau du procureur, il y a deux semaines, d’une requête en appel de la décision d’acquittement et de libération de la Chambre préliminaire prise le 15 janvier dernier en faveur des ex-dirigeants ivoirien comparaissant devant la Cour pénale internationale (Cpi). L’avocat de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo a décidé de monter au créneau et d’engager une contre-offensive contre cette requête de Fatou Bensouda. Me Emmanuel Altit met la pression sur les juges en charge du dossier de son client. Il a déposé devant la CPI, ce lundi 8 octobre 2019, une demande de remise en liberté « sans condition » de l’ex-tenant du pouvoir en Côte d’Ivoire. En ligne de mire, l’avocat français vise la fin de la procédure d’appel concernant Laurent Gbagbo. Une procédure qu’il juge juridiquement et factuellement infondée, indique le confrère, exigeant la mise en liberté immédiate et sans condition du mis en cause.

La Défense de Laurent Gbagbo ne s’en cache pas et le dit clairement dans sa réaction à la requête de Bensouda. Pour lui en effet, le maintien du régime restrictif de liberté aurait, dans ce contexte, pour conséquence d’interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. « Cela lui interdirait par exemple de participer d’une manière ou d’une autre à l’élection présidentielle à venir. Il pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même, par hypothèse, à poser sa propre candidature », souligne Emmanuel Altit pour qui à l’approche de ces échéances, il est plus crucial que soient respectés les droits de Laurent Gbagbo, notamment ses droits civils et politiques de citoyen ivoirien, au moment où s’ouvre une période politique importante pour le pays et pour la réconciliation. A savoir celle de la préparation de l’élection présidentielle de 2020. ,

Cette requête de la défense de l’ex-président ivoirien obligerait les juges de la Chambre d’appel de la Cpi à réagir dans un délai limité pour donner une réponse. Ce qui est, en réalité, le but poursuivi par Emmanuel Altit et son équipe afin d’accélérer les procédures et aller à une clôture diligente du dossier Gbagbo et Blé Goudé. Le tout, pour permettre à ces deux ex-dirigeants ivoiriens de retrouver le marigot politique de leur pays où ils pourraient jouer un rôle de premier rang.

ckFDB

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