Arrêté de la Cour africaine en faveur de Soro / Le Président Ouattara : « Nous devons faire confiance à nos institutions »

Alors que le Conseil constitutionnel a donné le verdict final des candidats retenus pour la prochaine présidentielle, la Cour africaine fait une diversion juridique. Déclaré inéligible, elle ordonne, sans aucune condition, l’intégration de Guillaume Kigbafori Soro.

 La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a, dans une ordonnance pondue au lendemain de la proclamation de la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle, ordonné à l’Etat ivoirien et à ses institutions de déclarer, sans condition, Guillaume Kigbafori Soro éligible pour l’élection présidentielle.

« La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ordonne à l’Etat de Côte d’Ivoire de surseoir à l’exécution de tous les actes pris à l’encontre du requérant Guillaume Kigbafori Soro subséquemment à l’ordonnance du 22 avril 2020 jusqu’à la décision de la Cour sur le fond de la cause ; de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de lever immédiatement tous les obstacles empêchant au requérant Guillaume Kigbafori Soro de jouir de ses droits d’élire et d’être élu, notamment lors de l’élection présidentielle d’octobre 2020 ; et faire un rapport à la Cour sur la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées dans la présente décision dans un délai de quinze (15) jours , à compter de la date de sa réception », peut-on lire dans cette note qui défraie en moment la toile.

Un combat par procuration

Pourtant, cette fameuse décision n’a aucune importance. Elle pourrait peut-être avoir une importance si et seulement si elle était tombée avant que le Conseil constitutionnel ne proclame la liste définitive des candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. Même si dans la norme des lois, tout le monde sait que les conventions internationales sont au-dessus des lois nationales, l’agissement de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples dans l’affaire Guillaume Soro laisse clairement entrevoir que cette institution internationale fait le lit de l’ancien Secrétaire général (SG) du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) plutôt que de dire le droit.

Seuls les juges de la CADHP connaissent les motivations de la précipitation avec laquelle ils ont rendu une décision qui prend le contre-pied de la décision rendue la veille par le Conseil constitutionnel. En effet, si l’on fait une analyse de près, l’attitude de la Cour africaine laisse transparaitre le mépris et l’irrévérence à l’endroit de la Côte d’Ivoire qui est un Etat souverain. Le numéro 1 ivoirien le dit clairement. « Dans tous les pays démocratiques, on doit faire confiance aux institutions de la République. Je peux vous rappeler que la Côte d’Ivoire est un pays souverain. Voyez-vous, nous devons faire confiance à nos institutions. Arrêtez de penser que les décisions doivent être prises à Paris ou à New-York ou ailleurs. Les décisions sont prises en Côte d’Ivoire par les Ivoiriens et par les institutions ivoiriennes », a déclaré le Président de la République, lors de la visite d’Etat dans le Moronou.

 

Une collusion intrigante…

D’ailleurs, il y a quelques mois, la Côte d’Ivoire avait annoncé son retrait de cette institution. Alors pourquoi tant d’acharnement sur un Etat qui n’est plus membre de la CADHP ? Seuls les juges de cette institution pourront donner la réponse exacte. A l’analyse, il n’y a rien de surprenant. De fait, le président de la Cour africaine, Sylvain Oré, est un associé du cabinet d’avocats SCPA Oré Sylvain-Diallo Souleymane qui défend le président de GPS, Guillaume Soro, dans toutes ses démêlées judiciaires. En tout cas, ce qui se passe à Arusha est tout sauf le droit. Ce sont des avocats qui utilisent malheureusement une juridiction internationale pour traiter les dossiers de leur client, Guillaume Kigbafori Soro. C’est une diversion juridique.

Tout ceci n’est que peine perdue. Le garant des lois ivoiriennes, le chef suprême de la juridiction ivoirienne a parlé. Le débat est clos. Le processus électoral est irréversible. Les candidats de la prochaine présidentielle sont connus depuis le lundi 14 septembre 2020.Il s’agit d’Alassane Ouattara (RHDP), Aimé Henri Konan Bédié (PDCI-RDA), Pascal AffiN’guessan (FPI) et Kouadio Konan Bertin dit KKB (indépendant) ont été retenus pour briguer le fauteuil présidentiel. La campagne peut donc commencer.

C.K

 

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