EDITO : Ces victimes de l’incivisme

La Côte d’Ivoire fait face, en ce moment, à deux fatalités. D’abord, la pandémie à Coronavirus qui égrène chaque jour ses martyrs. Ensuite, la saison des pluies ayant commencé en mai pour s’étendre jusqu’à fin juillet dans le District d’Abidjan et qui crée des inondations dévastatrices.

La première côtoie, depuis samedi, la barre des 8.944 cas confirmés dont 3.722 personnes guéries, 66 décès et 5.156 cas actifs, quand la seconde affiche à son compteur une vingtaine de morts. La question qui turlupine les esprits, c’est comment l’eau qui, dit-on, est source de vie, est-elle devenue, source de mort ? En effet, la semaine écoulée, des pluies torrentielles ont transformé les rues d’Abidjan, inondant les maisons d’habitation, renversant les voitures avec à la clef, trois (3) morts. A Anyama, le glissement de terrain survenu le jeudi 18 juin 2020, suite à la forte pluie, a fait 17 morts, a enseveli une vingtaine de maisons et déplacé plusieurs familles.

Une partie de la voie ferrée a aussi été touchée dans cette coulée de boue due aux fortes pluies. Comme explication, les spécialistes ont indiqué que les ouvrages qui ont été dimensionnés pour évacuer les pluies subissent le changement climatique. A titre d’exemple, ceux dimensionnés pour absorber les fortes pluies qui tombent, normalement, tous les deux ou trois ans, doivent maintenant y faire face tous les ans. A cause du changement climatique, l’intensité et la durée de ces précipitations ont aussi changé. Alors qu’elles duraient une heure à une heure et demie, ces précipitations persistent plusieurs jours, aujourd’hui.

Et bonjour les inondations qui deviennent plus fréquentes. Au niveau de la maladie à Coronavirus, ayant atteint le chiffre record de 405 nouveaux cas enregistrés dans la seule journée de vendredi 26 juin 2020, les arguments ne manquent pas pour justifier le nombre, sans cesse, croissant. Selon les autorités compétentes, la stratégie de décentralisation du système de dépistage expliquerait l’augmentation du nombre de personnes dépistées positives à la Covid-19, ces jours-ci. En clair, l’on a rapproché les sites de dépistage des populations. Soit ! Mais à la vérité, le nombre de victimes, aussi bien des inondations que celles du Coronavirus, sont à rechercher aussi ailleurs. Les comportements humains sont bien à l’origine de ce tableau, particulièrement, sombre.

S’il est établi que certains ouvrages ne peuvent plus contenir les eaux torrentielles, il reste que les écoulements d’eau sont obstrués dans bien des quartiers par des constructions anarchiques. Malgré les interpellations des services compétents du Ministère en charge de la Construction et de l’urbanisme, ces constructions ont continué pour obstruer totalement le passage des eaux des pluies diluviennes. Idem pour la Covid-19.

Malgré l’appel à la discipline, au sens de responsabilité…en un mot au respect des mesures barrières en vue de permettre de contrôler et de maîtriser cette maladie, puis, l’exhortation des populations vulnérables, notamment, des personnes âgées et des personnes atteintes de maladie chronique à réduire leur déplacement afin de se protéger et de préserver leur santé, les populations restent, dans l’ensemble, sourdent. Simplement par manque de civisme.

 

Par : G. De Gnamien

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