Enseignement privé laic/Le SYNEPPLACI se désolidarise des autres syndicats et lève son mot d’ordre de grève

Ce samedi, en Assemblée générale à leur siège à Treichville, le Synepplaci (Syndicat national des enseignants et personnels du privé laïc de Côte d’Ivoire), a levé son mot d’ordre de grève illimitée, au moment où certains syndicats de l’enseignement général et ceux du supérieur menace de poursuivre leur mouvement d’humeurs. Les raisons majeures évoquées sont la tenue de discussions avec le gouvernement et la volonté de ne pas compromettre l’année académique 2018-2019.

 

Ci-dessous le communiqué de l’Assemblée générale

A

Madame la Ministre de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle

ABIDJAN

Objet : Avis de fin définitive de la grève illimitée du 05/02/ 2019

Les enseignants et les personnels non enseignants du privé laïc de Côte d’Ivoire, se sont réunis en assemblée générale extraordinaire, ce samedi 11 mai 2019, de 11 h 10 min à 14 h 00 min, au siège du SYNEPPLACI, à Treichville.

Après une analyse approfondie des conditions de vie, le SYNEPPLACI et ses membres ont fait le point des difficultés relatives à l’exercice de leurs fonctions. Ces difficultés sont essentiellement d’ordre social. Elles portent gravement atteinte à notre dignité.

I- Actes majeurs

Vu que pour sortir définitivement de cette situation de SIDA-24 (Salaire Inchangé Depuis 24 Années) les enseignants et les personnels non enseignants du privé laïc de Côte d’Ivoire ont posé deux actes majeurs :

1- Une grève générale illimitée le 5 février 2019.

2- Une plainte à la police économique Contre la FENEPLACI le 22 mars 2019 pour :

– Faux et usage de faux en écriture publique

– Récidivisme de Faux et usage de faux en écriture publique

– Abus de confiance, escroquerie, portant sur les sommes dues au titre des augmentations des salaires annulées frauduleusement

– Discrimination sur les augmentations de salaires, entre les enseignants et les autres personnels.

II- Les conséquences du désordre de l’enseignement privé laïc sur l’enseignement privé confessionnel

Comment des employeurs d’un secteur d’activité peuvent t-ils prendre sur eux de refuser d’appliquer des dispositions législatives et reglementaires d’ordre public, notamment l’application des augmentations des salaires, au nez et à la barbe de l’Etat ? Et dans l’indifférence totale diront certains. Je dirai non, parce que tous les autres employeurs s’apprêtent eux aussi à imiter le privé laïc et à dire non à l’Etat puisque certains le font depuis longtemps et il qu’il n’y a rien.

L’exemple le plus visible est l’enseignement privé confessionnel catholique

L’enseignement privé confessionnel a attiré l’attention de l’Etat sur cette situation anormale dans l’enseignement privé laïc qui s’apparente à un genre de dumping en leur défaveur. Et de manière discrète par touche de petite colère. Sans succès.

Ensuite ils ont décidé de ne plus payer d’augmentation de salaires aux enseignants confessionnels en 2015, pour faire comme le voisin laïc. Puis après différentes intervention ministérielles ils ont assoupli leur position en acceptant de ne payer que la moitié pour 2015, soit 5% en attendant de voir comment cela va évoluer chez le voisin comme ils l’ont dit à leurs représentants des personnels. Mais rien.
Alors ils ont décidé de mettre le pays dans le plat : allez, ouste, diminution des salaires pour nos enseignants comme le voisin. Nous avons les mêmes frais de 120 000 FCFA et 140 000 FCFA et il n’est donc pas question que nos salaires soient tout simplement plus du double de celui du voisin.

Ce qui a abouti à des préavis de grève et à des grèves dans l’enseignement privé confessionnel catholique dont la dernière est celle de ce début mai 2019.

D’autres secteurs d’activité se préparent. Alors, Excellence monsieur le chef du gouvernement agissez vite avant que le désordre ne devient général.

Feu le président FELIX HOUPHOUET BOIGNY disait : je préfère l’injustice au désordre, Parce que l’injustice est facile à réparer alors que le désordre….

III- Le souvenir douloureux l’année blanche 1990

En 1990, suite à la fermeture des écoles à l’occasion des troubles sociaux en milieu scolaire et estudiantin, l’année blanche décrétée par le gouvernement a occasionné six mois de salaires impayés pour les enseignants et les personnels des établissements d’enseignement privé laïc de Côte d’Ivoire.

Face au refus des fondateurs de payer les salaires (pour eux c’est le fait du prince) pendant cette période de six (6) mois, le SYNEPLACI, soucieux du bien-être de ses membres a sollicité et obtenu des audiences avec Feu le président FELIX HOUPHOUET BOIGNY.

Les conclusions de ces rencontres ont été heureuses :

1) Pour les établissements privés laïcs subventionnés, des instructions ont été données afin que le Trésor Public paye 500 millions. Ce qui fut fait.

2) Pour les Etablissements ne bénéficiant pas de subventions de l’Etat, afin de payer les dettes de salaires, il a décidé leur prise en charge pour un montant arrêté de 504 130 000 F CFA.

A l’occasion d’une audience (à son domicile en octobre 1990) accordée au SYNEPLACI à ce sujet, feu le Président Félix Houphouët Boigny a confirmé le paiement de la somme de 504 130 000 FCFA pour les établissements non subventionnés (les établissements non subventionnés représentent au moins 90 % de l’ensemble des établissements), afin de payer les dettes de salaires. Séance tenante, il a remis au SYNEPLACI la somme de 250 000 000 FCFA en espèces avec promesse de payer le reliquat dans deux mois.

Mais malade, le président FELIX HOUPHOUET BOIGNY est décédé sans avoir pu tenir sa promesse. Il restait devoir la somme de 254 130 000 FCFA.

La lutte syndicale étant permanente, une requête de paiement a été adressée aux différents présidents qui se sont succédé. Et finalement la totalité a été payée ainsi :

250 000 000 f.CFA payé en octobre 1990 par Feu le président FELIX HOUPHOUET BOIGNY,

75 000 000 FCFA payé en avril 1998 par le président HENRI KONAN BEDIE,

179 130 0000 FCFA, ordonné en 2000 par Feu le président ROBERT GUEI, mais n’a pu être exécuté,

45 000 000 FCFA payé en juillet 2006 par le président LAURENT GBAGBO,

134 130 000 FCFA payé en juillet 2009 par le président LAURENT GBAGBO.

C’est-à-dire que les six mois de l’année blanche ont été apurés en 19 ans.

Pendant ce temps les auteurs de cette crise se la coulait douce : les enseignants et les autres travailleurs des écoles publiques du primaire au supérieur et à l’université ont continué normalement à toucher leurs salaire comme si de rien n’était ; les étudiants touchaient leur solde ou « KOUADIO » également.

IV- Analyse de la situation actuelle

Vu que la grève de l’enseignement privé confessionnel n’est rien d’autre que le ras le bol des employeurs de ce secteur face à ce qui se passe dans le privé laïc.

Vu la décision de suspension pour un mois de la grève générale illimitée du 5 février 2019 du privé laïc avec effet le mercredi 20 mars 2019.

Vu la décision de l’assemblée générale du 17 avril 2019 de lever la suspension de la grève illimitée du mardi 5 février 2019 avec reprise de la grève à compter du lundi 6 mai 2019

Vu les réunions suivantes entre le SYNEPPLACI et le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle

Le lundi 29 avril 2019, de 14h30 à 17h à la DEEP.

Le mardi 30 avril 2019, de 14h à 16h au cabinet

Et le jeudi 02 mai 2019, de 10h à 13h au cabinet

Constatant :

-Une réelle volonté de dialogue constructif du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle avec le SYNEPPLACI,

– L’accélération des rencontres pour faire avancer le dossier, et les réponses spontanées aux préoccupations du BEN SYNEPPLACI.

Prenant en compte le fait que les mois de mai et juin sont traditionnellement des mois d’évaluation et d’examen général de fin d’année scolaire dont le blocage entraine inéluctablement l’année blanche.

Vu qu’aujourd’hui, l’enseignement privé laïc constitue 70% du système éducatif ivoirien.

Vu que 95% des établissements scolaires à ABIDJAN sont des établissements privés principalement laïc. Et à l’intérieur c’est 82%.

Vu que cette période de fin d’année scolaire 2018/2019 est particulièrement tumultueuse et « orageuse »,

Le SYNEPPLACI et les enseignants et autres personnels du privé laïc de Côte d’Ivoire veulent apporter leur contribution personnelle pour éviter qu’on en arrive à l’année blanche dont le premier perdant sera l’enseignement privé laïc.

Aussi, malgré tout ce tableau sombre de leur situation, les enseignants et autres personnels du privé laïc de Côte d’Ivoire décident et demandent.

V- Décisions et demandes

LES ENSEIGNANTS ET LES PERSONNELS DU PRIVE LAÏC DÉCIDENT

1- De la levée de toutes les décisions de grève nationale, en cette fin d’année scolaire notamment de la lever de son mot d’ordre de grève du 17 avril 2019 qui devait prendre effet le 06 mai 2019, avec pour corollaire :

– La Libération des notes : évaluation des élèves pour le 3e trimestre et la fin d’année scolaire (composition de passage, calcul des notes, remplissage des livrets scolaires, des matrices, etc.) ;

– L’achèvement des programmes scolaires en totalité avec reversement des sommes retenues sur les salaires lors de la grève du 05 février 2019

– La participation des enseignants du privé laïc à tous les examens de fin d’année scolaire ;

2- De se mettre entièrement à la disposition du Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle pour que l’année scolaire s’achève bien et que les examens se déroulent normalement.

3- De placer toute sa confiance au Ministre de tutelle, le Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle pour sa diligence auprès de son collègue de l’emploi et de la prévoyance sociale et auprès de son excellence Monsieur le premier Ministre, chef du gouvernement afin que les préoccupations du SYNEPPLACI soient examinées avec la plus grande attention, sous le regard bienveillant de son excellence Monsieur le président de la République.

Et que les enseignants et les personnels du privé laïc retrouvent le sourire à la rentrée scolaire prochaine, suite à l’amélioration effective de leurs conditions de vie et de travail.

LES ENSEIGNANTS ET LES PERSONNELS DU PRIVE LAÏC DÉMANDENT

1- Aux différents fondateurs qui ont fait des retenues sur les salaires de reverser ces différentes sommes retenues afin que les enseignants et les personnels puissent achever le programme de l’année et participer avec sérénité aux différents examens tout en permettant aux élèves de se présenter à ces examens dans les meilleures conditions.

2- à tous leurs camarades, enseignants permanents comme vacataires, à tous les autres personnels des établissements d’enseignement privé laïc, sur toute l’étendue du territoire national de respecter et de s’investir à fond dans l’achèvement de l’année scolaire 2018/2019.

3- au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des lieux de travail des enseignants et des personnels du privé laïc sur tout le territoire national pendant cette période de fin d’année scolaire..

P/Le SYNEPPLACI

Le Secrétaire Général National

CAMARA OUMAR

Laisser un commentaire