Interview / Développement local, électrification des villages, agriculture… : N’Zué Yao Gomon Célestin (ancien maire de Botro) : « Il faut mécaniser l’agriculture » « Il n’y a plus d’obstacle, Botro aura un Lycée professionnel »

Pour la première fois après sa défaite aux élections municipales du 13 octobre 2018, l’ancien maire de Botro, N’Zué Yao Gomon Célestin dit Coprès sort de sa réserve, évoquant l’avenir des jeunes, l’électrification des villages, l’agriculture… L’élu et cadre du Canton Satiklan entend relancer le forum des cadres pour le rapprochement  des fils et filles de la région.

Comment avez-vous pu obtenir la mise sous tension des villages du département de Botro ?

Il faut dire que cela n’a pas été du tout facile. Nous avons obtenu le projet d’électrification des villages à l’occasion de la visite d’Etat dans le Gbêkê en novembre 2013. A cet effet, nous disons merci au président de la République, Alassane Ouattara, sans oublier des amis qui sont à Côte d’Ivoire-Energie, grâce à qui  le projet a vu le jour. Il était question d’électrifier deux Takra, notamment Takra-Koungodjan, Takra-Mangouakro sur les trois Takra. En 2014, le projet a été accordé. C’est en cela que des amis m’avaient demandé d’écrire pour d’autres villages. C’est ainsi que j’ai écrit pour Takra Adjiékro, les deux Dila et puis Tionankro et Pokou-Yaokro  sans oublier les deux Pliké (Pliké Somolo et Pliké Totokro). Le processus été amorcé par le grand frère  Kouamé Kra. Les deux Pliké seront connectés très bientôt. Pour que le projet voit le jour, je me rendais régulièrement à Côte d’Ivoire-Energie pour suivre le dossier pour la faisabilité. Jour pour jour je suivais de près le dossier pour que ces villages sortent de l’obscurité. Tous ces villages sont connectés maintenant. Nous attendons d’organiser une fête pour témoigner notre reconnaissance à l’Etat. Car depuis l’indépendance, c’est maintenant que bon nombre de village voient la lumière.

Que comptez-vous faire pour les autres villages qui ne sont pas encore connectés ?

Avec la complicité des cadres et des amis personnels, nous continuons de mener le combat pour donner fière allure à notre département et apporter un mieux-être aux populations. Nous allons identifier ces villages. D’ailleurs, c’est pourquoi nous avons parlé de l’extension de certains villages, tel que Kpli-Yobouessou. J’ai cité Koumambo, Adjiébounou et N’gbo-Kouakoukro, Lougbônou ,etc.  Des opérations sont en cours. En clair, je me bats et pour les villages de la commune et pour les villages de la sous-préfecture. Tout ceci à travers mes relations.

La population a tendance à croire que toutes ces actions d’électrification sont les œuvres du nouveau maire, Yao Maurice  dit Akpôlè Kouadio. Que dites-vous ?

En démocratie, la pensée et la parole sont libres. Chacun peut penser comme il veut. Pour moi, ce qui est important c’est le développement de Botro. L’intérêt de notre département prime sur les intérêts personnels. Des gens peuvent s’approprier nos projets et actions et ainsi que les démarches que nous avons faites. Je pense que c’est leur style. Ce que je peux faire pour mes parents, je le ferai. Ce que je ne peux pas faire, je vais demander. Sous mon mandat, j’ai pu obtenir la construction d’un Lycée professionnel à Botro. La population est témoin de mes actions. Ce qui se trame, ce n’est pas vrai. D’ailleurs, des parents d’Adjiébounou m’ont réveillé ce matin (la nuit du mercredi à jeudi) pour  l’inauguration d’une école dans leur village. C’est également un témoignage. Je suis à Abidjan, mais j’ai fait partir une délégation pour me représenter. C’est ce qui compte le plus.

Quel est l’état des lieux du Lycée professionnel dont vous parlez tantôt ?

Les choses sont très avancées. Toutefois  nous nous renseignons sur l’avancement des travaux, il y a de bonnes nouvelles. Ça nous rassure. Il n’y a plus d’obstacle, Botro aura un Lycée professionnel. J’ai fait ma part. Ceux qui sont actuellement aux affaires doivent bousculer les autorités pour achever les travaux. Comme nous sommes en année préélectorale, il faut accélérer les choses pour éviter que cela traine.

A l’instar du Lycée Professionnel, le département de Botro est une zone productrice d’anacarde, est ce que vous envisagez construire une usine de transformation sur place pour offrir de l’emploi aux jeunes ?

D’abord, le Lycée professionnel a pour objectif de former les jeunes et leur trouver des fonds pour une insertion socioprofessionnelle. Il faut mécaniser l’agriculture pour mettre un terme à la souffrance de nos parents agriculteurs  qui continuent de travailler avec la date et la machette. Il faut changer la méthode et les outils de travail. Donc, il faut former des jeunes aux métiers de réparations des tracteurs. Il faut aussi former aux métiers de professions libérales, à savoir l’élevage, l’artisanat… L’idée principale, c’est de créer des emplois. Pour la construction d’usine, je pense que c’est une bonne idée. A Kroukroutié déjà, un village situé à 2 km de la ville, il y a une unité de décorticage de l’anacarde. Cela n’est pas mauvais parce que ça favorise le respect des prix bords champs. J’ai déjà vu ça à Gohitafla. A Odienné, ils ont une grosse usine. Ils font du paquetage et les coopératives liées à cette unité de transformation vendent au prix  que l’Etat a fixé à 375 F CFA. Ce sont des idées qu’il faut creuser. Même si Botro n’a pas encore d’usine, la sous-préfecture de Diabo, située  entre la commune de  Botro et la ville de Bouaké, a une usine. Donc si nous on doit construire une usine, je pense que ce sera de type moyen. Nous y réfléchissons pour apporter une satisfaction aux populations. A cet effet, j’appelle aux cadres à l’union. Si nous sommes unis, on fera beaucoup de choses pour le développement de notre département. Il ne sert à  rien de nous combattre.

En effet, où en sommes-nous avec le forum des cadres de Botro ?

 C’est vrai qu’on ne veut pas faire d’ombrage. Mais sur la question, certains cadres m’ont appelé pour relancer le forum, même si on n’est plus aux affaires. C’est une question de développement local. Nous allons nous atteler à le faire. On va relancer pour voir ce que ça va donner. Il faut qu’on se connaisse pour identifier les différentes compétences dans chaque domaine.

A part Botro 1 et Krofouinsou, dites-nous, est ce qu’il y a des villages qui ont été érigés   en sous-préfecture ?

Au niveau de Botro, dans le Canton Satiklan, nous avons deux sous-préfectures. Pour le moment, aucun village n’a été érigé en sous-préfecture. Vivement, la population s’impatiente.

Carlverth Kouakou

 

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