Interview / Yao Kouassi Maurice dit Akpôlè Kouadio (Maire Rhdp Botro) à propos du Rhdp : « Je n’ai jamais viré au  RHDP. Mais… ».  « Tout le monde peut bouder le Rhdp et le Président Alassane Ouattara. Mais pas le canton Satiklan »

Réforme de la Commission électorale indépendante (CEI),  développement local, Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp)… L’ancien fidèle compagnon du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, dans le département de Botro, fait le grand déballage dans cette interview qu’il nous a accordée,  samedi dernier.

Comment se porte la commune de Botro ?

Notre jeune commune se porte très bien. Elle est au travail et elle est en train de prendre son envol comme les autres communes.

Dites-nous ce qui vous a motivé à briguer la magistrature de la commune de Botro ?

Je suis fils de Botro. De père et de mère eux- aussi de Botro. Il faut savoir que tous les fils et filles de cette localité lui sont redevables, en ce qui concerne son développement. À partir de ce principe, j’ai décidé de briguer la magistrature pour apporter ma contribution au développement de notre commune. Chacun de nous doit apporter sa contribution selon ses capacités ou ses moyens.

Après votre accession à la tête de la commune, quels sont les grands chantiers que vous avez abordés ?

À notre arrivée en janvier 2018. Nous avons fait l’état des lieux. Ensuite nous avons réorganisé le service. Nous sommes en train de mener des réaménagements de la cour de la mairie et aussi réhabiliter quelques bureaux. Nous sommes une petite commune, nous n’avons pas d’activités productrices de revenus, ni d’entreprises, ni de sources de revenus, ni de sociétés dans notre commune. Notre seule source de revenu, c’est le marché. Nous avons eu des rencontres avec quelques opérateurs économiques, commerçants de la commune et les corps de métier pour pouvoir trouver ensemble des voies et moyens de développement de notre petite commune. Nous avons fini avec l’état des lieux et donc bientôt nous allons commencer enfin notre première action qui est l’emploi et d’occuper les jeunes. Leur donner la formation. Nous avons eu une rencontre avec les cadres de la commune à Abidjan. Nous avons rencontré les populations, les présidents des jeunes et femmes et les chefs pour dire que c’est ensemble que nous pouvons développer notre commune.

Quels sont les moyens  dont vous disposez pour le développement de votre commune ?

Notre point fort, c’est d’abord l’union et ensuite l’entente pour ne pas dire la fraternité des fils et filles de la commune. C’est ce que nous demandons. Nous avons aussi le conseil municipal qui travaille d’arrache-pied.

La jeunesse attend beaucoup de vous. Qu’est-ce que vous prévoyez concrètement pour apporter  satisfaction à  cette  jeunesse ?

Pour la jeunesse, nous sommes en train de mettre en place des plans de formation en accord avec le ministère de la Jeunesse, la direction départementale de l’Agriculture et de la direction régionale de l’Anader. Nous sommes en train de voir comment trouver des modules qui puissent permettre à nos jeunes de connaître les nouvelles techniques agricoles. Pour ceux qui ne sont pas allés à l’école, nous sommes en négociation avec la direction départementale de l’alphabétisation pour les instruire, car la formation est la base de toute réussite. Il faut surtout changer la mentalité de ces jeunes, car ils s’adonnent à l’oisiveté lorsqu’ils  ne font rien dans leur vie.

Pour la main d’œuvre, que compte faire le maire pour maintenir sa jeunesse sur place ?

Nous y pensons avec certains cadres de la commune. Nous avons l’écho de ce que le ministre Gnamien Konan, fils de la région veut mettre en place une usine de pré-exploitation de l’anacarde.

Lors de la rencontre avec les chefs coutumiers, vous avez parlé d’un Lycée agricole qui sera construit dans la ville de Botro. Qu’en est-il exactement et pourquoi un Lycée agricole ?

Nous étions à Abidjan  il y a deux semaines,  pour la validation de la construction du ce lycée agricole. Nous avons aussi finalisé la restitution de l’étude de faisabilité du Lycée agricole qui a été mené par SIPAGRO, une école agronomique de Montpellier en France.  Un Lycée agricole parce  que nous sommes dans une zone paysanne. Il faut donner les moyens techniques aux jeunes pour une production suffisante et surtout de bonne qualité. La formation au Lycée agricole serait la bienvenue. Ce Lycée sera ouvert d’ici deux ans.

Pendant la campagne, vous avez présenté un programme de société à la population. Qu’est ce qui est déjà fait ?

Nous avons présenté un programme,  mais j’avoue qu’il nous sera difficile de réaliser entièrement ce programme pour les premières années,  car nous héritons d’un fauteuil endetté. L’équipe sortante a fait ce qu’elle pouvait faire. La vie économique publique est une continuité. Nous avons trouvé une ardoise très amère qui ne nous permet pas de commencer dès les premières années notre propre programme. Malgré  cela nous ne baissons pas les bras. Nous cherchons des  partenaires pour nous aider,  pour pouvoir commencer notre programme d’action. Nous avons modernise le marché. Nous voulons en accord avec le gouvernement, reprofiler les rues sans oublier le bitume. Nous avons décidé de rendre notre cité plus belle en faisant beaucoup de jardins publics. Nous traitons le problème de la salubrité. Nous avons initié l’opération village ou quartier propre qui se passe tous les premiers de chaque mois. Nous avons institué un prix dénommé ” Opération quartier ou village propre “.

Est-ce que le budget annuel de la mairie peut suffire à accompagner les opérateurs économiques que vous avez sollicités pour le développement de la commune ?

Par rapport au passif que nous a laissé, l’équipe précédente, ce n’est pas du tout facile. Nous avons un budget annuel de 40 millions F CFA  et nous héritons d’une dette de 120 millions F CFA. Il faut d’abord éponger ces dettes avant de pouvoir réaliser des actions et c’est pour cela que nous courons derrière des partenaires. Car  si nous attendons,  nous  ne ferons  rien.

Dites-nous honnêtement ce qui vous a motivé à virer au Rhdp, alors qu’on vous sait pur produit du Pdci-Rda ?

Il n’y a pas de motivation en tant que telle. Je n’ai pas viré au Rhdp, mais j’y suis resté. Le Rhdp était une plateforme dans laquelle se trouvaient les partis membres dont le Pdci-Rda. D’ailleurs, Henri Konan Bédié est le père fondateur de la plateforme des Houphouétistes. C’est plutôt Bédié qui est sorti de la plateforme Rhdp devenu aujourd’hui un parti politique national. Et un moment donné, certains ont décidé de sortir et donc nous, nous sommes restés. Alors je n’étais pas quelque part pour virer au Rhdp. Je suis resté ou si vous voulez j’ai adhéré au Rhdp parce que l’idéologie, la vision et les actions du Rhdp sont des actions qui peuvent nous aider. Les idéologies du Rhdp et le président Alassane Ouattara nous conviennent. Le Rhdp est une puissante machine indéboulonnable. C’est pourquoi, à titre personnel je suis resté ou j’ai  adhéré. Je suis resté au Rhdp pour le bonheur de mes parents et jeunes de Botro. J’ai adhéré au Rhdp si vous voulez, pour que la commune de Botro connaisse l’émergence et que les jeunes puissent se prendre en charge. Alors avec le Rhdp, nous avons un mandat, qu’on attend à la fin du mandat pour juger. Et je sais que je ne serai pas déçu avec le président Alassane Ouattara et le Rhdp.

Certains pensent que vous les avez trahis en restant ou  en virant  au Rhdp. Votre avis ?

Trahison pourquoi ? La personne même qui a initié le Rhdp est bel et bien le président Henri Konan Bédié, président du Pdci-rda. Nous avons tous  épousé cette idée. Une mésentente de parcours est intervenue et certains ont choisi de partir de la plateforme qui, par la suite est devenue un parti politique. Nous avons été élus avec une liste indépendante dans laquelle figurent  les partis membres du Rhdp et les autres.  Je n’ai donc  trahi personne. On parlerait de trahison si j’avais engagé le Conseil municipal.

Mais pourquoi pendant la campagne, vous avez promis en cas de victoire de remettre  votre  victoire au Pdci-rda ? Que s’est-il passé pour que vous vous retrouviez au Rhdp ?

Je ne me reconnais pas dans cette affirmation. Nous avons été élus avec une liste indépendante où plusieurs partis  figurent. Comment puis-je remettre notre victoire au Pdci-Rda qui avait présenté aussi un candidat à ces élections ?

Un mot sur la Réforme de la CEI ?

Je ne doute pas des qualités de la CEI. Elle a toujours été à la hauteur des élections. Certes, c’est elle qui proclame les résultats, mais ce n’est pas la CEI  qui donne la victoire des élections. Le gouvernement fait des tractations pour résoudre le problème, à  mon sens.

Quelles sont vos relations avec les autres cadres ?

 Je pense que je suis en parfaite harmonie avec mes frères et sœurs. J’ai rencontré les cadres à Abidjan pour le développement de notre cité. Il faut le dire, mon aîné, le maire sortant, Yao Célestin dit Kopress ne m’a jamais appelé pour me féliciter. Depuis les élections d’octobre 2018 jusqu’à ce jour, c’est seulement mi-juin que l’ancien maire, le doyen Kouamé Kra, cadre du Pdci-Rda m’a appelé pour échanger avec moi. Une élection est une compétition et j’ai gagné, c’est notre victoire à tous. Mais le grand frère ne m’a jamais appelé. Lors des passations de charge, j’ai présenté publiquement mes excuses à tous pour tout ce qui a pu bien se passer pendant les campagnes électorales de la part de nos fans ou nos électeurs. Mais le grand frère Kopress a refusé de parler. Et pourtant, il est le délégué départemental Pdci. Sachant que je fus au Pdci-Rda, à quoi bon m’appeler et me demander qu’on travaille ensemble ? Rien de tout cela. Je n’ai pas mes frères à mes côtés. La femme célibataire n’a de regard que pour  l’homme qui la courtise pour son bonheur. Alors je vais là où je peux avoir le développement, où je peux être en paix et être heureux comme au Rhdp.

Alors, quels sont les acquis de développement avec le Rhdp dans la commune ?

Avec le parti Rhdp, les acquis sont nombreux. En espace de 8 ans, ce sont 17 villages qui ont bénéficié de l’électrification dans la commune. La commune de Botro a bénéficié d’un reprofilage lourd de plusieurs kilomètres de route à partir de Languibonou. Bientôt deux collèges de proximité seront construits à Delakro et à Krofoinsou. Tous les villages situés à 5 km de la ville de Botro sont en train d’être raccordés  au réseau de l’eau potable. Ajouté à cela, plusieurs villages de la commune verront leur pompe réhabilitée grâce au programme social initié par le gouvernement de Cote d’Ivoire. Ailleurs, on peut avoir raison de bouder le Rhdp et le président Alassane Ouattara, mais pas le Canton Satiklan avec Botro. Nous voulons le développement et nous pensons que seul, le Rhdp peut nous l’apporter. Je voudrais demander aux populations de nous faire confiance,  comme elles l’ont toujours fait car les perspectives sont bonnes. Nous avons un mandat de 5 ans. Nous demandons aux populations de venir exprimer leurs besoins. On ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un contre son gré. Notre rôle, c’est de travailler pour les populations mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous avons besoin de leur contribution. Je remercie les populations pour tout le travail abattu depuis notre arrivée  à la tête de la mairie et qu’elle continue.

Interview réalisée par Carlverth Kouakou 

 

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