Recrutement des personnes handicapées à la fonction publique, des révélations qui éclaboussent le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale

.De faux diplômes et handicaps découverts

.Le ministère de tutelle accusé de s’engraisser sur le dos de personnes en situation de  handicap

.Des Présidents d’association de personnes handicapées soupçonnés de corruption

Le recrutement dérogatoire, définit comme le processus d’insertion des diplômés en situation de handicap à la Fonction publique est-il la vache à lait ou la volonté affichée du gouvernement ivoirien d’insérer des personnes handicapées dans l’administration publique? La question revient à chaque rassemblement des personnes en situation de handicap. Dans ce dossier exclusif, les langues se délient et des secrets sont livrés.

Frappées de plein fouet par le chômage, les personnes diplômées en situation de handicap, fondent, pour la plupart d’entre elles, leur espoir dans le recrutement dérogatoire, pour espérer intégrer la Fonction publique. D’ailleurs, elle représente la seule porte ouverte par l’Etat de Côte d’Ivoire pour absorber cette couche de diplômés. De 1997 à 2018, ce sont 7 recrutements à la Fonction publique, en faveur des personnes handicapées, qui ont été lancés par les pouvoirs successifs. 1106 diplômés ont pu intégrer ainsi les rangs des fonctionnaires de Côte d’Ivoire.

Si les personnes en situation de handicap saluent cette initiative des pouvoirs publics, ces derniers n’approuvent pas le processus mis en place par le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale via la Direction de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH) qui encadre ce recrutement. Un processus que les organisations des personnes handicapées (OPH) qualifient de discriminatoire et d’opaque. En froid avec leur ministère de tutelle, des diplômés en situation de handicap, joints dans le cadre de ce dossier, exigent des réponses à certaines de leurs préoccupations: Qui sont les personnes qui siègent dans les commissions de délibérations pour le recrutement dérogatoire? Quels sont les critères de recrutement ? Pourquoi certaines personnes en situation de handicap ont-elles été écartées du recrutement dérogatoire sous prétexte que leur handicap n’est pas avéré alors qu’ils sont dans des fauteuils roulants pour certains ou en situation de handicap visuel et auditif pour d’autres ?

Pour ces diplômés en situation de handicap qui se disent ‘’oubliés’’, il est temps que le gouvernement ivoirien donne des réponses à ces questions qui taraudent les esprits et qui mettent à mal les rapports avec le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale.

                             

Des diplômés handicapés et présidents d’association réclament la vérité

« Le recrutement dérogatoire dans sa formule actuelle est source d’incompréhensions et nourrit la colère des diplômés handicapés surtout que les critères de sélection  et la composition du jury en charge des délibérations sont méconnus des handicapés », confie Teti, président de l’ONG SOS Handicap, visiblement réservé sur la question.

Ceppoh Djimi Alain, handicapé moteur, disqualifié du recrutement dérogatoire 2018 pour « handicap non avéré », se dit frustré et déçu de la gestion du dernier recrutement, piloté par la Direction pour la promotion des personnes handicapées (DPPH). « Mon handicap est visible comme vous le constatez mais j’ai été écarté avec 263 personnes au nombre desquels des malvoyants. Pour une personne en fauteuil roulant ou avec des pieds bots, de quelles preuves supplémentaires a-t-on besoin pour constater son état de handicap? C’est vraiment dommage. Si nous ne sommes pas handicapés, qui sont les vrais handicapés », s’interroge M. Ceppoh. Avant de tacler la DPPH qu’il accuse de s’engraisser sur le dos des handicapés diplômés de Côte d’Ivoire. 

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