Les conditions d’une relance durable de l’industrie en France

Il y a un certain nombre de choses qui doivent se produire pour que l’industrie française du milieu de gamme rebondisse durablement. Malheureusement, la plupart de ces éléments ne sont pas présents, ni même à l’horizon. Certains sont encore refusés ou rejetés en bloc. Cependant, pour que la France connaisse un rebond durable de son industrie de milieu de gamme, il faudra les éléments suivants.

Sans les industriels, l’industrie ne pourrait pas revenir

Les industriels sont la force vive de l’industrie, car personne ne la connaît mieux qu’eux. Ce sont eux qui font bouger les choses, qui prennent des risques et qui joignent le geste à la parole pour faire de leurs idées une réalité. Le secteur ne serait rien sans eux.

Mais que se passe-t-il lorsque les industriels ne sont plus là ? Ou lorsqu’ils n’ont pas la vision ou la volonté de voir leurs entreprises réussir ? C’est là que les choses commencent à mal tourner. C’est ce qui se passe tout autour de nous aujourd’hui, alors que l’industrie s’éteint lentement et laisse notre économie en ruine.

Il doit y avoir un moyen possible pour un retour de l’industrie, mais ce ne sera pas facile. Nous avons besoin de capitaines d’industrie, de personnes ayant la volonté et l’ambition de faire fonctionner les choses à nouveau. Ce n’est qu’alors que nous pourrons espérer un meilleur avenir pour notre économie en France.

Avec un euro trop coûteux, l’industrie du milieu de gamme reviendra difficilement

C’est surtout vrai pour le milieu de gamme, et nous pouvons être moins inquiet pour Hermès ; mais ce segment du milieu de gamme est celui qui est le plus touché par nos réglementations folles et celui qui est le plus affecté par la crise énergétique émergente.

La compétitivité de l’euro par rapport au dollar américain est en baisse depuis 2006 (1 EUR= 1,25 USD en 2006), ce qui signifie qu’il est devenu plus cher d’acheter des produits européens sur les marchés internationaux que des produits américains. La situation ne fera qu’empirer tant que la zone euro ne prendra pas de mesures importantes pour rendre sa monnaie à nouveau compétitive, que ce soit par une dévaluation ou par des mesures telles que la réduction des taux d’intérêt ou l’injection de capitaux dans les banques.

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L’Union européenne tente depuis des années de relancer son industrie, mais l’euro fort constitue un obstacle majeur. Une relance durable de l’industrie en France ne sera possible que si l’euro devient plus compétitif. Sinon, le pays risque de se désindustrialiser de plus en plus, les entreprises se délocalisant vers d’autres pays où les coûts de main-d’œuvre et de production sont moins élevés. C’est maintenant qu’il faut agir : Si l’euro continue à perdre de la valeur par rapport aux autres monnaies, il sera encore plus difficile pour l’industrie française d’être compétitive sur la scène mondiale.

Dans le contexte réglementaire et fiscal actuel, il n’y aura pas de retour de l’industrie

Le toujours plus de réglementation, du code du travail au code de l’urbanisme, et l’hyperinflation des textes “verts” n’est pas compatible avec un retour macroéconomique significatif de l’industrie. On le voit avec l’utilisation maximaliste du principe de précaution qui mine notre industrie nucléaire et détruit à petit feu notre agro-industrie.

Dans en outre, il y a le système fiscal. Vu l’état de nos finances publiques, et ce qu’il faudra balancer dans les hôpitaux, l’armée, la police et la justice dans les années à venir, il ne fait aucun doute qu’il y a beaucoup plus de place pour de véritables réductions d’impôts. Et il serait sage de miser dans les années à venir sur une fiscalité verte hypocrite qui, par son protectionnisme, tuera le peu d’industrie qui nous reste tout en prétendant la sauver.

Dans le contexte réglementaire et fiscal actuel très agressif, il n’y aura pas de retour de l’industrie. Le poids réglementaire toujours plus important, du code du travail au code de l’urbanisme en passant par l’hyperinflation des textes “verts”, n’est pas compatible avec un retour macroéconomique significatif de l’industrie. On le voit avec l’utilisation maximaliste du principe de précaution, qui mine notre industrie nucléaire et détruit à petit feu notre agro-industrie. Nous nous retrouvons avec une main-d’œuvre qui est non seulement trop coûteux mais aussi mal formés, et avec une incertitude juridique et administrative constante qu’il faut intégrer dans le taux d’actualisation lorsqu’on se lance dans un projet industriel sur 10 ou 20 ans.

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Le système fiscal actuel joue également contre tout retour de l’industrie. Compte tenu de l’état de nos finances publiques, et de ce qu’il faudra injecter dans les hôpitaux, l’armée, la police et la justice dans les années à venir, il n’y a pas de place pour de véritables baisses d’impôts. Et il serait sage de parier ces prochaines années sur une hypocrite fiscalité verte qui, par son protectionnisme, tuera le peu d’industrie qui nous reste tout en prétendant la sauver.

Avec une énergie coûteuse et incontrôlable, le secteur ne sera pas de retour

Il est difficile de relancer l’industrie sans électricité contrôlable. Encore plus si l’on veut se lancer dans la 5G, les véhicules électriques, le cloud, etc. Nos centrales nucléaires sont de plus en plus fermées, et les futures centrales promises par Macron arriveront au mieux en 2038. Le gaz russe pose quelques problèmes, nous voulons sortir du charbon, etc. Vous me direz qu’on peut progresser dans le stockage avec les batteries, c’est très vrai, sauf que là encore, le fameux “airbus européen des batteries” ne semble pas piloté par des gens qui pourraient envoyer leur CV à Tesla avec une chance d’être embauchés Nous manquons d’une véritable politique industrielle.

il y a 20 ans, la Chine était là où nous sommes aujourd’hui : une puissance industrielle en déclin. Pourtant, Pékin a compris que le secteur des services ne pouvait pas sauver le pays et a décidé d’investir massivement dans l’industrie, quitte à la subventionner. Les résultats sont là : la Chine est aujourd’hui la première puissance industrielle du monde. Mais pour la France, les choses sont différentes : notre gouvernement ne semble pas comprendre que les services seuls ne suffiront pas à relancer notre économie.

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Il serait idéal qu’un retour industriel français profite à certaines entreprises françaises

Notre capitalisme sans capital a la douloureuse caractéristique de préserver les apparences mais d’éteindre la substance ou de la transférer à la veuve de Milwaukee ou au retraité de Pensacola. C’est le résultat de notre rejet hypocrite des fonds de pension, de notre attachement obstiné au système par répartition et de l’incapacité de l’État à prendre la moindre disposition. Le risque est qu’un retour de notre industrie ne se fasse que par le biais de sociétés contrôlées par des fonds d’investissement américains. Il existe quelques solutions, mais elles sont toutes rejetées par l’establishment parisien : notamment un vrai capitalisme populaire et distributiste (on relance la participation et l’intéressement pour quelques cadres), et la fin de l’avantage fiscal pour le financement par la dette et contre le financement par les fonds propres.

Au total, une relance de l’industrie en France est indissociable d’une monnaie moins dysfonctionnelle (moins allemande), d’une plus grande modestie réglementaire, d’un changement de nos hommes et surtout d’un nouvel état d’esprit. Nous masquerons sans doute de plus en plus nos faiblesses par des subterfuges moraux, verts et néo-protectionnistes. Evidemment, cela intensifiera le déclin tout en semblant le combattre.

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