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Editorial: La vie politique doit reprendre

par Zephirin

Décédé le 10 mars en Allemagne, le Premier ministre Hamed Bakayoko repose, pour l’Eternité, depuis vendredi dernier, sur la terre de ses ancêtres, à l’issue d’une semaine de deuil national. Quelques heures plus tôt, une prière mortuaire a été faite à la grande mosquée de Séguéla pour le repos de son âme, en présence du couple présidentiel, de plusieurs membres du gouvernement, des cadres de la région, des parents, et surtout de nombreux admirateurs de l’ancien chef du gouvernement. Deux jours auparavant, c’est-à-dire le mercredi 17 mars 2021, la Nation entière rendait un hommage national à HamBak au cours duquel il a été élevé, à titre posthume, à la Dignité de Grand-Croix de l’Ordre national. Suivi, le lendemain, d’un hommage artistique initié par les stars de la musique ivoirienne et africaine au stade olympique d’Ebimpé. Après ces différents hommages qui ont permis aux uns et aux autres de saluer unanimement un homme simple, généreux, loyal, affable et proche du peuple, chacun doit sécher ses larmes pour appréhender l’avenir du pays. Ce pays que l’illustre disparu a aimé et servi avec abnégation et dévouement.  Oui, l’heure est aux défis futurs. La vie du pays doit reprendre. Et Dieu seul sait qu’ils sont nombreux ! Ce n’est un secret pour personne, la mort du Premier ministre est intervenue dans un contexte où les candidats de son parti, le RHDP, sortis victorieux à l’issue du scrutin législatif du 6 mars 2021, n’ont pas eu le temps de savourer leur victoire. Mieux, avec ses 137 sièges sur 255, le parti présidentiel n’a pu célébrer ses ‘’Sofa’’ qui ont donné une majorité parlementaire au Président Alassane Ouattara afin de lui permettre d’appliquer son programme.

Ensuite, il y a un Premier ministre à confirmer ou à nommer. Confronté à l’absence d’Hamed Bakayoko qui était en visite médicale en Europe, le chef de l’Etat Alassane Ouattara avait signé, le lundi 8 mars 2021, deux décrets ‘’portant intérim’’ du Premier ministre ‘’absent pour raisons médicales.’’ Ainsi, le ministre d’Etat et Secrétaire général de la Présidence, Patrick Achi, a été nommé Premier ministre à titre intérimaire. Quand de son côté, Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles, s’est vu confier le portefeuille de la Défense, toujours à titre intérimaire. Aujourd’hui, avec le décès de HamBak, le Président de la République doit user de son pouvoir discrétionnaire, soit pour confirmer son choix à la tête de la Primature, soit pour nommer une autre personnalité afin que le gouvernement reprenne du service.

Car après sa réélection en octobre 2020 avec  94,27% des voix, Alassane Ouattara avait donné un aperçu des grands chantiers de son nouveau mandat qu’il faut mettre en route. A savoir la multiplication des centres de formation professionnelle ‘’pour garantir une seconde chance aux jeunes sortis trop tôt du système scolaire’’, le soutien à l’emploi des femmes, la vaccination contre le Covid-19 à partir d’avril 2021, la généralisation de la Couverture maladie universelle (CMU), l’amélioration de la qualité de l’offre des soins, le recul de la pauvreté ‘’à travers l’émergence d’une classe moyenne’’ ou encore le renforcement du lien avec le secteur privé et une répression plus sévère de la corruption qui ‘’sape les fondements même de l’état de droit et de la démocratie’’.  A côté de ses priorités pour les cinq prochaines années, il y a aussi et surtout, le dialogue politique que le Président de la République avait appelé à relancer pour sortir la Côte d’Ivoire de la crise. Hamed Bakayoko l’avait réussi, en partie, avant sa mort. Son successeur aura la lourde tâche de reprendre les choses en mains. 

G. DE Gnamien

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