Entretien/Ousmane Bamba Pdt MCI (Mouvement citoyen ivoirien) : « Au MCI, nous faisons d’abord la promotion de la jeunesse »

by Zephirin

Opérateur économique, fils de la région du Bafing, commune de Booko, Ousmane Bamba est le président du Mouvement Citoyen Ivoirien (MCI). Il s’est fixé pour objectif de promouvoir la jeunesse et d’assister ses parents.

Pas plus tard que le 1er avril dernier, vous avez offert des vivres et non vivres à vos parents de Booko à la faveur du jeûne musulman qui approche. Qu’est-ce qui vous fait courir ?

Depuis ma tendre enfance, j’avais une vision. Celle de l’entraide et du développement de ma terre natale. Je ne suis pas né dans la région du Bafing, je suis né à Daloa et je n’ai connu chez moi seulement que le 10 décembre 2015. J’étais allé m’imprégner des réalités de chez moi et lorsque j’y suis arrivé, j’ai eu les larmes aux yeux. Quitter la basse côte, aller chez soi et voir les conditions misérables des parents, m’a fait prendre l’engagement de me mettre au service de nos populations. Raison pour laquelle, depuis 2017, avec mes maigres moyens j’essaie de faire ce que je peux sur le terrain avec mes maigres moyens.

Faire ce que vous pouvez avec les maigres moyens. Toutes ces attentions à l’égard des différentes couches sociales de votre région n’ont-elles pas un relent politique ?

Tout ce que nous faisons est politique. J’ai d’abord commencé ma politique par le social. Donner et donner sans rien attendre en retour. Dans cette quête du donner, j’ai eu des amis avec lesquels j’ai formé le Mouvement Citoyen Ivoirien, qui me soutient dans toutes mes actions. Je le fais parce que j’aime mes parents.

Quelle est l’idéologie du Mouvement Citoyen Ivoirien ?

Le Mouvement Citoyen Ivoirien a une idéologie centriste. Parce que nous faisons d’abord la promotion de la jeunesse. Pendant l’élection présidentielle et au cours de l’élection législative, nous avons initié une campagne dénommée : pour une élection, zéro victime. Le Mouvement Citoyen Ivoirien a pour mission, d’abord de sensibiliser et de faire la promotion de la jeunesse. Ensuite, notre troisième mission, c’est le social.

En 2003, certainement qu’il y aura les élections municipales. Seriez-vous intéressé à prendre part à cette élection ?

Je suis prêt à m’engager pour tout ce qui va concourir au bien-être de ma population. Aujourd’hui, l’appareil de développement, ce sont les entités décentralisées. Si on a eu la possibilité de briguer un mandat on va améliorer et amplifier ce que nous faisons. On a beaucoup de projets en cours au cas où, nous prenons la mairie.

Comment fait-on pour sortir de l’anonymat quand on vient d’une région dont le leadership est aussi fort ?

Mon secret c’est d’avoir l’amour de son prochain. Une fois que tu as l’amour de ton prochain, Dieu t’ouvre beaucoup de portes. Effectivement, chez nous, le leadership est très fort. Chacun veut affirmer son leadership, chacun veut que ce soit lui seul qui soit vu. C’est pour cela que je ne m’aligne derrière aucun cadre.

En 2017, vous êtes lancé le défi de développer par tous les moyens possibles, votre région. Quatre ans après, quel bilan faites-vous de vos initiatives ?

Je suis à un bilan mitigé. Car, il y a certains pans du développement que je ne peux réaliser en tant que particulier. Mais ce qui relève de mes compétences, c’est-à-dire apporter mon expertise aux parents pour avoir une vie meilleure, je le fais. Et je suis convaincu que les choses vont changer avec la nouvelle mentalité que nous sommes en train d’inculquer aux parents. Certains avaient embrigadé les parents. Mais aujourd’hui, nos parents sont étonnés du fait qu’il découvre une autre façon de faire la politique.

En retour, comment les populations perçoivent-elles vos actions ?

C’est la population elle-même qui m’encourage dans mes initiatives. Tous les mois que Dieu fait, je prépare un voyage. C’est le signe qu’il y a une bonne réceptivité de la part des parents. J’étais d’abord en commune, j’interviens en sous-préfecture aussi et enfin, je m’étends vers le département. Je dis toujours qu’un leader, quel que soit le terrain sur lequel on le met, il se doit d’affirmer son leadership.

Beaucoup reste à faire dans votre département, c’est ce que vous avez dit. Quel est le message que vous voulez lancer à cet effet ?

Booko est situé à 70 km de Touba. Il n’y a pas d’actions concrètes pour valoriser la culture et notre coutume. Avec des amis, nous avons décidé de mettre en place un festival ; qui va valoriser notre culture. Nous y étions dernièrement avec le Fondation Afrique Horizon et nous avons compris que le tourisme est une richesse de notre région. Je lance  un appel d’abord aux autorités administratives, au Président de la République et au premier ministre Patrick Achi pour qu’ils se penchent sur notre situation.  Booko est le grenier du Bafing, mais nous n’avons même pas un kilomètre de bitume. On demande la clémence de nos autorités ainsi que le ministre du Budget, qui est originaire du Bafing, pour qu’ils fassent l’état des lieux de notre condition. Je voudrais aussi que Booko soit érigé en préfecture, car, nous avons presque toutes les commodités pour avoir une préfecture chez nous.

Entretien réalisé par A.D

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