Avortements clandestins: Les acteurs des médias et société civile s’engagent dans la sensibilisation

by Zephirin

Avec un taux de décès de 540 pour 100.000, les risques liés à l’avortement clandestin sont un défi de santé mondiale qui préoccupe. Soucieux d’inverser cette tendance, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement Côte d’Ivoire (REMAPSEN-CI) avec l’appui de IPAS Internationale a réuni, récemment à l’espace Manvy d’Angré, plusieurs acteurs des médias, de la société civile et des représentants des pouvoirs publics pour plancher sur la question. Portant sur le thème : « Réduction de la mortalité maternelle : Risques des avortements clandestins en Côte d’Ivoire », cette session a été l’occasion de réfléchir sur la problématique. « La Côte d’Ivoire est signataire du protocole de Maputo, en 2011, relatif aux droits reproductifs à la santé femme en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie du fœtus. Cependant, depuis 10 ans, notre pays reste le seul des 10 pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à ne pas avoir de loi sur la santé de la reproduction. Dommage, car nous sommes encore très en retard. Cela doit changer », a indiqué la secrétaire exécutive de l’Observatoire national de l’éthique et du genre (ONEG), Kaba Fanta. Un constat qui a fait l’objet de trois communications animées par des experts et un guide religieux. Pour Claude Alain Kra, expert santé publique et Droits Humains, bien qu’alarmant, le tableau présente des lueurs d’espoir car « la loi sur la santé de la reproduction en Côte d’Ivoire est sortie du domaine du mythe car il y a eu un début d’exécution ».   Si pour Mme Kaba Yaya Fofana (ONEG), le protocole de Maputo qui présente des avantages tel que l’article 14 mérite d’être connu et vulgarisé, l’iman Camara a pour sa part, donné la position de l’Islam face à l’avortement.  « Nous, les leaders religieux, ne sommes pas fermés d’esprit comme le pensent les populations. Nous sommes des guides et des soutiens moraux, spirituels qui découlent sur le bien-être de nos fidèles » soutient-il. A la suite du représentant de l’Alliance des religieux ivoiriens engagés dans la lutte contre le sida et les autres pandémies (ARSIP), Honorine Adou, juriste a fait savoir que concernant l’avortement thérapeutique ou chirurgicale, les seules atténuations à la réglementation anti-avortement sont prévues par l’article 427. Ce sont plusieurs recommandations qui ont sanctionné cet atelier. A savoir la planification familiale, l’accès aux services d’avortements sécurisés, la vulgarisation du contenu du protocole de Maputo. Pour les journalistes et acteurs de la société civile, il urge de faire un plaidoyer auprès des députés et auprès des autorités coutumières, en plus de la communication interpersonnelle au niveau des communautés pour accentuer la sensibilisation.

XG

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