EDITO : Visites d’Etat et développement local

Les fêtes tournantes de l’indépendance initiées par le Président Félix Houphouët-Boigny ont été un levier important pour le développement des différentes régions.

Elles ont permis d’édifier des routes, des structures administratives, des hôpitaux, des hôtels, des écoles dans les capitales provinciales visitées. A l’image des fêtes tournantes, El Hadj Alassane Ouattara, en digne héritier du premier Président ivoirien, a initié les visites d’Etat pour impulser le développement et corriger les disparités régionales. Aussi faut-il comprendre que les fêtes tournantes de l’indépendance, tout comme les visites d’Etat, doivent être l’affaire de tous dans les localités concernées.

Hélas ! Mille fois hélas ! Certains hommes politiques voient en ces visites républicaines une action politique, au grand dam des populations qu’ils sont censés représenter et auxquels ils devraient apporter un mieux-être.

Tenez !  Le 05 août 2020, lors de la réunion préparatoire de la visite d’Etat dans le Moronou, présidée par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Sidiki Diakité, avec les cadres, élus, chefs coutumiers du Moronou à l’hôtel du District d’Abidjan, le président du Conseil régional, Pascal Affi N’Guessan, avait marqué son intérêt pour cette visite. Convaincu qu’il s’agissait là d’une opportunité pour le président de la République de prendre le pouls réel du développement, d’échanger directement avec la chefferie traditionnelle, les cadres et élus, mais aussi de communier avec la population et poser les jalons du développement régional, Affi N’Guessan avait donné des assurances : « Tout le Moronou sera réuni pour accueillir le Président de la République ».

Malheureusement, force est de constater que le président de la région, par ailleurs président du Front populaire ivoirien (FPI), a fait tout le contraire de ce qu’il a laissé entendre. Il a brillé par son absence lors de la visite d’Etat du 9 au 12 septembre 2020 dans sa région. Une attitude qui n’a pas échappé au chef de l’Etat lors de son meeting de clôture à Bougouanou. « Affi m’avait promis d’être là ; je regrette son absence », s’est-il indigné.

Cette appréciation du président de la République, faut-il le dire, a sonné comme une attaque chez le chef des frontistes. Dans une prétendue mise au point, le président du conseil régional du Moronou s’offusque et qualifie le Président Ouattara de tous les noms d’oiseau. A travers une déclaration de son service de communication, le président du Front populaire ivoirien (FPI) a eu des mots particulièrement durs à l’endroit du président de la République. Le chef de l’Etat n’était-il pas en droit de s’étonner de l’absence du président de région au moment où toute la République se déploie dans le Moronou  qui n’a bénéficié d’aucun investissement significatif depuis bien des années ?

Qui mieux que le président de région peut éclairer la lanterne au président de la République pour corriger cette situation ? Dans un contexte de ressources étatiques rares, l’allocation du budget à certaines régions doit se faire sous l’éclairage des présidents de région afin de mieux impulser le développement. Dès lors, il convient de tourner le dos à la politique politicienne. Pour sortir les populations de la précarité, aucun sacrifice n’est jamais grand. 

 

Par G. De Gnamien 

 

 

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