Bill Gates et Paul Allen, les deux amis qui ont cofondé Microsoft ensemble
Vous cherchez qui a cofondé Microsoft et comment deux lycéens ont porté une idée jusqu’aux écrans. L’histoire n’a rien d’un conte, avec des cofondateurs de Microsoft qui apprennent et un récit qui s’écrit la nuit.
Puis viennent les machines prêtes à tomber en panne, les horaires décalés, les paris risqués. Derrière chaque version compilée, il y a leur amitié née à Seattle, une obsession du code, et une audace méthodique. En façonnant des outils pour l’Altair, ces deux fondateurs participent à la naissance du micro-ordinateur auprès d’un public élargi, et la suite prend feu.
Deux adolescents de Seattle, une salle de terminal à Lakeside, et l’étincelle d’une amitié scellée par des nuits de code et des rêves plus grands que leur ville
À Seattle, deux lycéens s’orientent vers une salle de terminal où l’accès aux machines réveille une curiosité tenace. Bill Gates et Paul Allen y trouvent leur cadence à la Lakeside School, avec des sessions prolongées après les cours. Ces sessions deviennent leurs premières heures de code, ponctuées d’essais, d’erreurs et d’amitiés. Le soir, ils restent, discutent d’algorithmes et rêvent d’étendre leurs projets au-delà du campus.
Cette cadence nocturne scelle une complicité qui mènera, des années plus tard, à Microsoft. Leur passion de l’informatique prend la forme de petits utilitaires, de défis de performance et d’une envie partagée de rendre le code utile. Pour ceux qui demandent qui a cofondé Microsoft, la réponse tient dans ces nuits : Gates et Allen, deux élèves décidés à bâtir une histoire commune. Repères clés :
- Rencontre à Seattle et travail au terminal de Lakeside dès 1968.
- Accès financé par le club des mères, via du temps machine chez General Electric.
- Groupe informel d’élèves, tests continus et corrections de bugs.
- Premiers projets partagés, socle de la future cofondation de Microsoft.
Quand l’accès à un PDP-10 devient une porte dérobée vers l’avenir : des heures volées aux parents et données à la programmation
Computer Center Corporation accepte de leur accorder du temps machine, en échange de rapports sur les anomalies qu’ils repèrent. Sur un PDP-10 en temps partagé, Gates et Allen apprennent à optimiser leur code, à contourner les quotas, à mieux structurer leurs programmes. Les nuits s’enchaînent, et la rigueur s’installe dans leur façon de penser les outils.
Allen s’attaque ensuite à un émulateur de processeur pour l’Intel 8008, exécuté sur le PDP-10, afin de tester des idées sans disposer du matériel final. Ce apprentissage intensif les pousse à écrire des bibliothèques plus propres et à viser des démonstrations fiables. Cette méthode préfigure l’Altair BASIC remis à MITS en 1975, preuve qu’un prototype bien pensé peut ouvrir une entreprise.
À retenir : l’accord passé avec Computer Center Corporation, autour du PDP-10, a posé les bases techniques du BASIC livré à MITS en 1975.
De Traf-O-Data à la première paie : comment un projet de comptage routier a enseigné à deux lycéens l’art de bâtir du logiciel pour des machines qui n’existent pas encore
Au début des années 1970, Bill Gates et Paul Allen s’attellent à transformer des bandes de circulation en données utiles pour des municipalités. La petite entreprise, baptisée Traf-O-Data, conçoit un lecteur et assemble des prototypes matériels autour du processeur Intel 8008, pour décoder les impulsions enregistrées sur papier. Avec leur camarade Paul Gilbert, ils bricolent, testent, et livrent un service de traitement, vendu à quelques agences locales.
Cette aventure leur donne une première paie et, surtout, un réflexe : coder pour des machines qu’ils n’ont pas encore sous la main. En anticipant les contraintes du matériel, ils apprennent à modéliser l’entrée, structurer la sortie, et calibrer des algorithmes capables d’absorber des signaux irréguliers. Ce savoir, acquis bien avant Microsoft, devient leur avantage dès qu’un nouveau micro-ordinateur apparaît.
Harvard, Honeywell et des couloirs parallèles : deux trajectoires universitaires qui se frôlent avant de converger vers le même pari
À l’automne 1973, Bill Gates rejoint Harvard à Cambridge et s’immerge dans les cours d’informatique et de mathématiques. Son cursus Harvard l’expose à des projets ambitieux et à des camarades marquants, tandis qu’il passe plus de temps au laboratoire que dans les amphithéâtres. Les discussions avec Paul Allen restent fréquentes et orientées vers les micro-ordinateurs.
Paul Allen quitte Washington State après deux ans, s’installe près de Boston en 1974 et cherche la bonne fenêtre pour se lancer. Un emploi chez Honeywell lui offre des revenus et une base technique, pendant qu’une collaboration à distance avec Gates se structure : idées de langages, échanges de bandes, tests nocturnes. Le cap se précise vers une entreprise commune.
Popular Electronics, l’Altair 8800 et une bande perforée serrée contre le ventre dans un avion pour Albuquerque : le jour où BASIC a changé de destin
Bill Gates feuillette Popular Electronics à Harvard, tandis que Paul Allen voit une opportunité et décroche le téléphone pour joindre MITS. L’annonce décrit l’Altair 8800 en kit, et les deux amis se persuadent qu’ils peuvent écrire un BASIC rapidement, même sans accès direct à la machine.
Le code est rédigé sur un PDP‑10, avec Monte Davidoff pour l’arithmétique en virgule flottante. Arrivé à Albuquerque, Allen déroule la bande perforée et lance l’interpréteur BASIC devant Ed Roberts : la démonstration chez MITS fonctionne, l’Altair affiche les résultats, et l’accord qui baptisera Altair BASIC est scellé.
Micro-Soft naît dans un bureau modeste et un contrat audacieux : nommer, coder, vendre, recommencer, et s’entêter à croire que le PC est pour tous
Le 4 avril 1975, Bill Gates et Paul Allen enregistrent leur société à Albuquerque, Nouveau‑Mexique, pour livrer Altair BASIC et d’autres outils. Ils adoptent un nom mêlant micro‑ordinateur et logiciel : la création de Micro-Soft formalise leur ambition, avec Gates concentré sur le code et Allen sur les produits et les clients.
Le bureau est réduit, mais l’énergie est palpable, et la discipline est stricte contre la copie non autorisée. Ric Weiland rejoint vite l’équipe ; au fil des premières embauches, l’entreprise apprend à livrer et à facturer, ses revenus initiaux atteignant 16 005 $ sur l’exercice 1976, jalon qui crédibilise la jeune société. Repères clés :
- 4 avril 1975 : fondation à Albuquerque et nom « Micro‑Soft ».
- Contrat Altair BASIC signé avec MITS, royalties sur les ventes.
- Recrutement de Ric Weiland, puis arrivée de Marc McDonald.
- 1976 : chiffre d’affaires déclaré de 16 005 $.
Quitter Albuquerque pour Bellevue : attirer des talents, structurer une équipe, et apprendre que grandir, c’est aussi changer d’adresse
En 1979, Microsoft quitte Albuquerque pour s’installer à Bellevue, près de Seattle. Ce déménagement à Bellevue répond à un besoin simple : se rapprocher des écoles et des entreprises capables d’alimenter les projets de Bill Gates et Paul Allen. Les rythmes de livraison changent, la coordination se resserre, et une croissance organisationnelle plus rigoureuse prend forme.
Les premières embauches ciblent des profils capables de produire des outils et des langages pour des architectures multiples. La ville offre des connexions et, très vite, le réseau attire des ingénieurs de haut niveau, puis un recrutement technique à l’échelle. Bellevue devient une base de lancement pour des équipes produit qui apprennent à grandir sans perdre le goût du code.
IBM frappe à la porte, MS-DOS ouvre le marché : une clause de licence qui fera de Microsoft un carrefour pour chaque constructeur de PC
IBM s’intéresse à Microsoft en 1980 pour équiper son futur PC lancé en 1981. Plutôt que d’écrire un OS depuis zéro, l’équipe repère le système de Seattle Computer Products et en obtient une licence, avant de finaliser l’86‑DOS racheté pour l’adapter. Le pari est clair : livrer rapidement un DOS fiable, compatible avec le matériel, et négocier une relation durable.
Le PC d’IBM sort en août 1981 avec PC‑DOS fourni par Microsoft. Au cœur de l’accord, le contrat IBM laisse à Microsoft le droit de proposer MS‑DOS aux fabricants tiers grâce à des licences OEM; un mécanisme qui transforme l’entreprise en pivot du compatible PC. La suite est connue : clones, volumes, et un standard logiciel qui s’installe pour des années.
À retenir : l’absence d’exclusivité dans l’accord avec IBM en 1980‑1981 a ouvert MS‑DOS à tous les OEM et ancré le standard PC.
La maladie, les parts et l’amertume : quand la confiance se fissure et que Paul Allen choisit de partir sans renoncer à son histoire
À la fin de 1982, Paul Allen apprend qu’il est atteint d’un cancer et entame une chimiothérapie. Quelques semaines plus tard, il surprend une discussion interne autour d’une dilution des actions, qui réduirait son influence alors qu’il se bat contre la maladie. Le lien avec Bill Gates se tend, les excuses existent, mais la confiance se fracture.
Face aux traitements et aux tensions, Allen se met en retrait pour se soigner et réfléchir. Diagnostiqué d’un lymphome de Hodgkin, il refuse de vendre à bas prix et choisit le départ du cofondateur en 1983, tout en gardant ses titres. Il reste administrateur, l’IPO de 1986 le rend très riche, mais l’amitié met des années à cicatriser.
J’ai le cœur brisé par la mort de l’un de mes amis les plus anciens et les plus chers. L’informatique personnelle n’aurait pas existé sans lui.
Bill Gates
Windows 1.0, 3.0 puis 95 : des interfaces qui apprivoisent le grand public et installent un rythme de croissance que peu peuvent suivre
Windows 1.0 sort le 20 novembre 1985, au‑dessus de MS‑DOS, avec des fenêtres, un pointeur et des utilitaires qui montrent la voie. La interface graphique reste rudimentaire, les performances sont contraintes, mais l’ambition est claire : rendre le PC plus simple pour les non‑initiés et préparer une base pour les versions à venir.
Le 22 mai 1990, Windows 3.0 accélère tout : gestion de la mémoire, nouvelles API, et applications qui décollent. Le 24 août 1995, Windows 95 impose le menu Démarrer, le 32 bits et le Plug and Play, entraînant une forte adoption de Windows et l’entrée durable sur le marché grand public. Le PC devient l’outil domestique et professionnel par excellence.
Une IPO qui fait basculer des vies et une ville : milliardaires, millionnaires et une entreprise qui devient une référence mondiale
Le 13 mars 1986, Microsoft entre sur le Nasdaq à 21 $ l’action et propose environ 2,5 millions de titres. Portée par la demande, la valeur grimpe dès la première séance, une introduction en bourse qui apporte 61 M$ de capitaux frais. Le soir même, l’entreprise affiche une capitalisation boursière proche de 777 M$, signal adressé à toute l’industrie logicielle basée autour de Seattle.
À Redmond et dans la région, l’effet richesse irrigue les cafés, les loyers et les dons. Les premiers salariés de l’éditeur, cofondé par Bill Gates et Paul Allen, profitent des options d’actions distribuées dès les années 80, un mécanisme qui aligne employés et dirigeants. Des fortunes naissent, l’écosystème recrute à grande vitesse, et Seattle s’installe durablement sur la carte technologique américaine.
Après les bureaux, les causes et les rêves : Gates vers la santé mondiale et l’éducation, Allen vers la science, les arts et les stades
Après 2008, Bill Gates délaisse le pilotage quotidien et consacre l’essentiel de son temps aux vaccins, à l’éradication de la polio et à l’éducation publique. Par l’entremise de la Bill & Melinda Gates Foundation, dotée au tournant des années 2000 et abondée par Warren Buffett, il finance des campagnes mondiales, des programmes d’accès numérique et des partenariats avec des ministères dans plusieurs pays.
Paul Allen oriente sa fortune vers Seattle et au-delà, entre sport, culture et science appliquée. Avec Vulcan Ventures, il soutient des start-up, des musées et des projets urbains, tout en finançant des instituts de recherche comme l’Allen Institute for Brain Science, l’Allen Institute for AI et l’Allen Institute for Cell Science ; il a possédé aussi les Trail Blazers et les Seahawks.
Paul Allen s’éteint, Microsoft continue : l’hommage d’un ami et le rappel que derrière chaque géant, il y a deux voix fondatrices qui se répondent encore en silence
Le 15 octobre 2018 à Seattle, Paul Allen s’est éteint à 65 ans, des suites d’un lymphome non hodgkinien. Dans un message public, Bill Gates a rappelé combien le décès de Paul Allen laissait un vide, et combien leur partenariat avait fait naître l’informatique personnelle moderne. Sa sœur Jody et les équipes de Vulcan et des Allen Institutes ont salué un bâtisseur discret, passionné de science, de musique et de sport.
Sous la direction de Satya Nadella, Microsoft a poursuivi sa transformation vers le cloud, tout en honorant la mémoire de son cofondateur. Chaque lancement, de Windows à Azure, rappelle un héritage fondateur partagé, mesuré aujourd’hui par l’impact mondial de Microsoft, par sa capitalisation dépassant les 3 000 milliards de dollars et par des outils utilisés par des milliards d’utilisateurs.

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