Barrage au Coronavirus : Un fabricant dénonce des gels contrefaits

La société Gandour, leader en Côte d’Ivoire dans les gels hydro-alcooliques utilisés dans la lutte contre le Coronavirus, a dénoncé mardi à Abidjan la fabrication contrefaite de ses produits et une hausse exagérée des prix sur le marché.

Le coronavirus dans le pays a enregistré 165 cas pour un décès, selon le dernier bilan. Les recommandations gouvernementales insistent sur le respect strict des conditions d’hygiène, notamment le lavage des mains. 

MESURES D’HYGIÈNE

“Face à la situation, le marché est submergé par des mauvais produits contrefaits fabriqués dans des laboratoires clandestins installés à Abidjan”, a déploré auprès de l’AFP, Hassan Aboukhdoud, responsable des Relations publiques de la société, fustigeant des “gens sans foi, ni loi qui profitent de la situation pour se faire de l’argent”.

La société qui livre jusqu’à 5.000 cartons par jour (un carton contient 24 pots) depuis deux semaines et le déclenchement de la pandémie, s’est insurgée contre les prix exorbitants, qui culbutent sur le marché des reventes.

“Le carton qui se vendait à près de 20.000 FCFA (environ 30 euros) est passé à 80.000 fcfa (122 euros)”, a critiqué  M. Aboukhdoud, appelant le gouvernement à “plus de fermeté face aux commerçants véreux”.

Par ailleurs, la société qui exporte vers les marchés de la sous région ouest-africaine et centrale a averti d’une possible pénurie de gel.

“L’alcool chimique qui rentre dans la fabrication du gel est importé, alors que les usines qui le fabriquent ont cessé leur livraison ou ont mis la main sur leur propre stock” s’est inquiété M. Aboukhdoud.

La nouvelle parfumerie Gandour, créée en 1978, avait obtenu le monopole de fabrication des gels hydroalcooliques lors du déclenchement de la crise sanitaire de la fièvre Ebola (2013-2016).

Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, abrite le plus grand marché de produits illicites d’Afrique de l’Ouest.

En avril 2019, lors d’une rencontre avec la presse, Hassan Aboukhdoud et l’adjoint au directeur commercial, Sabbah Souleymane se sont insurgés contre cette contrefaçon dont est victime leur entreprise. Ils ont estimé entre 30 et 35 %, les pertes enregistrées sur chaque produit du fait de la contrefaçon.

Le président Alassane Ouattara a annoncé le 23 mars “un plan de riposte nationale d’un montant de 95,8 milliards de francs CFA (146 millions d’euros) contre l’épidémie. Les autorités ont depuis annoncé la mise en place de 300 lits pour les malades. 

Carlverth Kouakou : AFP

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